jeudi 9 novembre 2006
L'année 2007 sera marquée par de nombreuses nouveautés à Météo-France. Satellites, radars, supercalculateur... Météo France est à la veille d'une révolution technologique qui va lui permettre de gagner en précision dans ses prévisions entre deux et cinq jours et de mieux anticiper les phénomènes brutaux les plus dangereux, comme les orages.


Pour prédire aujourd'hui le temps, il faut un modèle informatique où sont intégrées les grandes forces physiques à l'oeuvre dans l'atmosphère, des données tirées de l'observation pour »caler» le modèle et d'énormes capacités informatiques pour élaborer les scénarios.

Or, ces trois piliers de la prévision vont connaître des bouleversements dans les deux ans à venir. En commençant par l'observation, qui va faire un saut majeur et connaître une véritable rupture.

Aux satellites MeteoSat de deuxième génération, déjà en orbite à 36.000 kilomètres de la Terre, est venu tout récemment s'ajouter le satellite européen MetOp qui va ausculter notre planète bien plus bas, à 830 kilomètres d'altitude. MetOp, lancé avec succès la semaine dernière, est porteur de treize instruments, dont six vont scruter l'atmosphère de l'infrarouge aux micro-ondes. Il apportera des informations d'une précision améliorée par trois par rapport aux satellites actuels sur la structure verticale de l'atmosphère ce qui est un élément décisif pour l'amélioration des prévisions.

L'année 2007 verra également l'achèvement du réseau de 22 radars exploités par Météo France. De gros efforts ont été réalisés pour équipé l'arc méditerranéen,  souvent victime d'orages dévastateurs et d'épisodes pluvieux diluviens.

Le modèle informatique dans lequel seront injectées les données collectées par les satellites et les radars va aussi gagner en précision: au modèle Aladin, dont la maille est de 9,5 kilomètres de long sur 9,5 km d'altitude, va se substituer Arome, dont la maille sera de 2,5 km sur 2,5. Une telle résolution devrait permettre de mieux prévoir et surveiller des phénomènes très localisés comme les orages, le gel ou le brouillard.

Mais, attention cette amélioration de la résolution ne signifie pas nécessairement que les météorologues seront capable de localiser un orage à 2,5 km près. En effet, les orages resteront encore très difficiles à prévoir tant au niveau de leur l'intensité que de leurs trajectoires. Mais Météo France en espère des estimations plus précises des cumuls de précipitations, avec surtout une meilleure anticipation, pour éviter les drames causés par les crues de type cévenol.

Arome pourra aussi simuler la présence d'îlots de chaleur pendant les canicules. En effet, lors des canicules de ces dernières années on s'est aperçu qu'il pouvait faire 3 à 4 degrés de plus à Paris qu'ailleurs pendant les canicules. Anticiper ces îlots de chaleur est important en matière de prévention du risque sanitaire.

Pour faire tourner un modèle aussi sophistiqué qu'Arome, le super-ordinateur de Météo France ne suffisait plus. Son successeur, un calculateur vectoriel NEC de conception japonaise, est en cours d'installation à Toulouse. Dès le début 2007, il offrira une puissance multipliée par 5,3 par rapport à l'actuel calculateur. Dans une deuxième phase (2009), l'amélioration sera d'un facteur 20

Publication commune avec CatNat


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